L'essentiel en 30 secondes
Le Hainaut abrite trois des quatre sites miniers majeurs de Wallonie inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO le 1er juillet 2012 : le Grand-Hornu à Boussu, Bois-du-Luc à La Louvière et le Bois du Cazier à Marcinelle (Charleroi). Le quatrième, Blegny-Mine, est en province de Liège. S'y ajoutent les quatre ascenseurs hydrauliques du Canal du Centre, inscrits dès 1998, qui franchissent 90 mètres de dénivelé sans une seule écluse.

Pourquoi trois sites sur quatre sont ici
La réponse tient à la géologie. Le sillon houiller qui traverse la Belgique d'ouest en est concentre ses veines les plus exploitables dans le Borinage, le Centre et le pays de Charleroi — soit trois bassins, tous en Hainaut. L'industrie s'y est installée tôt, massivement, et pour longtemps.
L'UNESCO n'a pas retenu ces sites pour leur seule ancienneté. Les quatre sites miniers wallons ont été inscrits parce qu'ils documentent deux facettes complémentaires de l'aventure charbonnière. Grand-Hornu et Bois-du-Luc forment le volet social : le charbonnage y a bâti des cités entières, avec leurs logements, leurs écoles et leurs règles. Bois du Cazier et Blegny-Mine forment le volet travail et travailleurs : on y descend, littéralement, dans les conditions de l'extraction.
Les trois sites hennuyers
Bois-du-Luc
Extraction dès 1685, sept générations sur place, et l'une des cités ouvrières les mieux conservées d'Europe. Bureaux, salle de paie, fosse Saint-Emmanuel et ateliers d'un côté ; la cité dessinée par le patronat de l'autre.
Notre visite du site →Le Grand-Hornu
Le complexe néoclassique bâti par Henri De Gorge au début du XIXe siècle : ateliers en ellipse, cité de 450 maisons, école. Un projet industriel et urbanistique, aujourd'hui occupé par le MAC's et le Centre d'innovation et de design.
Sur le territoire du BorinageLe Bois du Cazier
Le site de la catastrophe du 8 août 1956, qui coûta la vie à 262 mineurs de douze nationalités. Devenu lieu de mémoire, il porte le volet « travail et travailleurs » de l'inscription, avec ses châssis à molettes et son terril.
Sur le territoire de Charleroi

Le Canal du Centre, l'autre inscription
Relier les charbonnages du Centre à la Flandre et au nord de la France supposait de franchir 90 mètres de dénivelé entre Houdeng et la vallée de la Haine. La solution classique — une trentaine d'écluses — aurait fait perdre des heures à chaque péniche.
Les ingénieurs de la fin du XIXe siècle ont choisi autre chose : quatre ascenseurs hydrauliques à bateaux, où deux bacs remplis d'eau montent et descendent en s'équilibrant. Aucun moteur électrique. Le no 1, mis en service en 1888, fonctionne toujours — ce sont les seuls appareils de cette génération encore en état de marche dans le monde.

L'ascenseur hydraulique no 1
Le plus ancien de Belgique, en service depuis 1888. Deux bacs, de l'eau, du poids : la mécanique se comprend d'un coup d'œil quand on se place au pied du bâti.
Notre fiche complète → Sans permisRemonter le canal en bateau
Des bateaux électriques partent de la Cantine des Italiens et rejoignent l'ascenseur no 1. On pilote soi-même, sans permis, environ une heure.
Comment ça marche → Cantine des ItaliensCeux qui ont fait tourner tout ça
En 1947, 223 ouvriers italiens logeaient au bord du canal. Le bâtiment abrite aujourd'hui un centre d'interprétation de l'immigration.
Notre fiche →Ce que l'industrie a laissé au paysage
Le charbon parti, restent les terrils. Longtemps considérés comme des verrues, ils sont devenus des réserves de biodiversité et des points de vue. Le terril du Quesnoy, à La Louvière, est le plus vaste de la chaîne du Centre : 41 hectares, 135 mètres d'altitude, et un panorama qui embrasse d'un seul regard l'ascenseur de Strépy-Thieu, le pont-canal, les usines sidérurgiques et les terrils de la chaîne binchoise.
Le terril du Quesnoy
41 hectares, 64 mètres de dénivelé, un cheminement facile et la plus large vue sur la chaîne des terrils du Centre.
Y monter → StrépyLes étangs de Strépy
Réserve naturelle reconnue depuis 1989, à quelques encablures du terril. Étangs, prairies et jardin de plantes médicinales.
La réserve → Faïencerie BochKeramis
L'autre industrie du Centre : la céramique. Le centre a conservé trois fours-bouteilles de l'ancienne faïencerie Boch, vestige devenu rare en Europe.
Le centre de la céramique →

Questions fréquentes
Combien de sites du Hainaut sont classés à l'UNESCO pour leur passé industriel ?
Quatre au total, au titre de deux inscriptions distinctes : trois sites miniers — Grand-Hornu à Boussu, Bois-du-Luc à La Louvière, Bois du Cazier à Marcinelle — inscrits en 2012, et les quatre ascenseurs hydrauliques du Canal du Centre, inscrits en 1998.
Quels sont les quatre sites miniers majeurs de Wallonie ?
Le Grand-Hornu, le Bois-du-Luc, le Bois du Cazier et Blegny-Mine. Les trois premiers sont en province de Hainaut, le dernier en province de Liège. Ils ont été inscrits ensemble sur la liste du patrimoine mondial le 1er juillet 2012.
Pourquoi des ascenseurs à bateaux plutôt que des écluses ?
Parce qu'il fallait franchir 90 mètres de dénivelé entre Houdeng et la vallée de la Haine. Une solution par écluses en aurait demandé une trentaine, avec des heures de navigation perdues. Les quatre ascenseurs hydrauliques, dont le premier date de 1888, règlent le problème sans moteur électrique.
Peut-on visiter ces sites toute l'année ?
Les musées et centres d'interprétation ont leurs propres horaires, variables selon la saison. Les terrils et le chemin de halage du canal, eux, sont accessibles librement — prévoyez des chaussures de marche.