Le réseau info‑lux info-lux.com info-namur info-liège info-bw

Le Hainaut, première province industrielle inscrite à l'UNESCO

Trois des quatre sites miniers wallons classés au patrimoine mondial se trouvent ici. Ajoutez-y les ascenseurs hydrauliques du Canal du Centre, inscrits quatorze ans plus tôt, et vous obtenez la province la plus décorée de Belgique pour son passé industriel.

3sites miniers UNESCO sur 4
1998Canal du Centre inscrit
2012sites miniers inscrits
90 mdénivelé franchi sans écluse

L'essentiel en 30 secondes

Le Hainaut abrite trois des quatre sites miniers majeurs de Wallonie inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO le 1er juillet 2012 : le Grand-Hornu à Boussu, Bois-du-Luc à La Louvière et le Bois du Cazier à Marcinelle (Charleroi). Le quatrième, Blegny-Mine, est en province de Liège. S'y ajoutent les quatre ascenseurs hydrauliques du Canal du Centre, inscrits dès 1998, qui franchissent 90 mètres de dénivelé sans une seule écluse.

Les bâtiments en briques du site minier de Bois-du-Luc, à La Louvière
Bois-du-Luc, à La Louvière : les bâtiments du charbonnage, classés au patrimoine mondial depuis 2012. © Maison du tourisme du Parc des Canaux et Châteaux / CGT Wallonie

Pourquoi trois sites sur quatre sont ici

La réponse tient à la géologie. Le sillon houiller qui traverse la Belgique d'ouest en est concentre ses veines les plus exploitables dans le Borinage, le Centre et le pays de Charleroi — soit trois bassins, tous en Hainaut. L'industrie s'y est installée tôt, massivement, et pour longtemps.

L'UNESCO n'a pas retenu ces sites pour leur seule ancienneté. Les quatre sites miniers wallons ont été inscrits parce qu'ils documentent deux facettes complémentaires de l'aventure charbonnière. Grand-Hornu et Bois-du-Luc forment le volet social : le charbonnage y a bâti des cités entières, avec leurs logements, leurs écoles et leurs règles. Bois du Cazier et Blegny-Mine forment le volet travail et travailleurs : on y descend, littéralement, dans les conditions de l'extraction.

Les trois sites hennuyers

La Louvière

Bois-du-Luc

Extraction dès 1685, sept générations sur place, et l'une des cités ouvrières les mieux conservées d'Europe. Bureaux, salle de paie, fosse Saint-Emmanuel et ateliers d'un côté ; la cité dessinée par le patronat de l'autre.

Notre visite du site →
Boussu

Le Grand-Hornu

Le complexe néoclassique bâti par Henri De Gorge au début du XIXe siècle : ateliers en ellipse, cité de 450 maisons, école. Un projet industriel et urbanistique, aujourd'hui occupé par le MAC's et le Centre d'innovation et de design.

Sur le territoire du Borinage
Marcinelle (Charleroi)

Le Bois du Cazier

Le site de la catastrophe du 8 août 1956, qui coûta la vie à 262 mineurs de douze nationalités. Devenu lieu de mémoire, il porte le volet « travail et travailleurs » de l'inscription, avec ses châssis à molettes et son terril.

Sur le territoire de Charleroi
Commémoration devant le châssis à molettes du Bois du Cazier à Marcinelle
Le Bois du Cazier, à Marcinelle : la commémoration annuelle du 8 août, au pied du châssis à molettes. © Photographie Xevo / info-lux.com
Wagonnets de mine exposés sur le site du Bois du Cazier
Les wagonnets, restés sur le carreau de la fosse. © Photographie Xevo / info-lux.com
À ne pas confondre. L'inscription de 2012 concerne les sites miniers. Les ascenseurs du Canal du Centre, eux, ont été inscrits en 1998 au titre d'un tout autre dossier : celui du génie hydraulique. Le Hainaut cumule donc deux inscriptions industrielles distinctes.

Le Canal du Centre, l'autre inscription

Relier les charbonnages du Centre à la Flandre et au nord de la France supposait de franchir 90 mètres de dénivelé entre Houdeng et la vallée de la Haine. La solution classique — une trentaine d'écluses — aurait fait perdre des heures à chaque péniche.

Les ingénieurs de la fin du XIXe siècle ont choisi autre chose : quatre ascenseurs hydrauliques à bateaux, où deux bacs remplis d'eau montent et descendent en s'équilibrant. Aucun moteur électrique. Le no 1, mis en service en 1888, fonctionne toujours — ce sont les seuls appareils de cette génération encore en état de marche dans le monde.

Un bateau sur le Canal du Centre historique devant l'ascenseur hydraulique
Le Canal du Centre historique : on remonte jusqu'à l'ascenseur n°1 en bateau électrique, sans permis. © Maison du tourisme du Parc des Canaux et Châteaux / CGT Wallonie
Houdeng-Goegnies

L'ascenseur hydraulique no 1

Le plus ancien de Belgique, en service depuis 1888. Deux bacs, de l'eau, du poids : la mécanique se comprend d'un coup d'œil quand on se place au pied du bâti.

Notre fiche complète →
Sans permis

Remonter le canal en bateau

Des bateaux électriques partent de la Cantine des Italiens et rejoignent l'ascenseur no 1. On pilote soi-même, sans permis, environ une heure.

Comment ça marche →
Cantine des Italiens

Ceux qui ont fait tourner tout ça

En 1947, 223 ouvriers italiens logeaient au bord du canal. Le bâtiment abrite aujourd'hui un centre d'interprétation de l'immigration.

Notre fiche →

Ce que l'industrie a laissé au paysage

Le charbon parti, restent les terrils. Longtemps considérés comme des verrues, ils sont devenus des réserves de biodiversité et des points de vue. Le terril du Quesnoy, à La Louvière, est le plus vaste de la chaîne du Centre : 41 hectares, 135 mètres d'altitude, et un panorama qui embrasse d'un seul regard l'ascenseur de Strépy-Thieu, le pont-canal, les usines sidérurgiques et les terrils de la chaîne binchoise.

La Louvière

Le terril du Quesnoy

41 hectares, 64 mètres de dénivelé, un cheminement facile et la plus large vue sur la chaîne des terrils du Centre.

Y monter →
Strépy

Les étangs de Strépy

Réserve naturelle reconnue depuis 1989, à quelques encablures du terril. Étangs, prairies et jardin de plantes médicinales.

La réserve →
Faïencerie Boch

Keramis

L'autre industrie du Centre : la céramique. Le centre a conservé trois fours-bouteilles de l'ancienne faïencerie Boch, vestige devenu rare en Europe.

Le centre de la céramique →
Les étangs de la réserve naturelle de Strépy, à La Louvière
Les étangs de Strépy : réserve naturelle reconnue depuis 1989, à deux pas des terrils. © Maison du tourisme du Parc des Canaux et Châteaux / CGT Wallonie
Le bâtiment contemporain de Keramis, centre de la céramique à La Louvière
Keramis : l'autre industrie du Centre, la céramique, sur le site de l'ancienne faïencerie Boch. © Maison du tourisme du Parc des Canaux et Châteaux / CGT Wallonie

Questions fréquentes

Combien de sites du Hainaut sont classés à l'UNESCO pour leur passé industriel ?

Quatre au total, au titre de deux inscriptions distinctes : trois sites miniers — Grand-Hornu à Boussu, Bois-du-Luc à La Louvière, Bois du Cazier à Marcinelle — inscrits en 2012, et les quatre ascenseurs hydrauliques du Canal du Centre, inscrits en 1998.

Quels sont les quatre sites miniers majeurs de Wallonie ?

Le Grand-Hornu, le Bois-du-Luc, le Bois du Cazier et Blegny-Mine. Les trois premiers sont en province de Hainaut, le dernier en province de Liège. Ils ont été inscrits ensemble sur la liste du patrimoine mondial le 1er juillet 2012.

Pourquoi des ascenseurs à bateaux plutôt que des écluses ?

Parce qu'il fallait franchir 90 mètres de dénivelé entre Houdeng et la vallée de la Haine. Une solution par écluses en aurait demandé une trentaine, avec des heures de navigation perdues. Les quatre ascenseurs hydrauliques, dont le premier date de 1888, règlent le problème sans moteur électrique.

Peut-on visiter ces sites toute l'année ?

Les musées et centres d'interprétation ont leurs propres horaires, variables selon la saison. Les terrils et le chemin de halage du canal, eux, sont accessibles librement — prévoyez des chaussures de marche.

Ce dossier fait partie du réseau info‑lux. Les articles détaillés — fiches de visite, agenda, reportages photo — sont publiés sur info-lux.com, qui couvre l'actualité de la province au quotidien.